La métropole rennaise a adopté début avril son Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET). Faisant la part belle au GNV, il vise un double objectif : diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire et assurer aux habitants un cadre de vie contribuant à leur santé et leur bien-être.

Le PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) est une démarche de développement durable rendue  obligatoire pour les intercommunalités par la loi de Transition énergétique pour la croissance verte. Celui que vient d’adopter le conseil de Rennes Métropole porte une double ambition :

  • s’inscrire dans la trajectoire nationale de neutralité carbone en visant une division par deux des émissions de gaz à effet de serre par habitant en 2030
  • permettre aux habitants, et en particulier les plus fragiles, de bénéficier d’un cadre de vie qui contribue à leur santé et bien-être.

« Notre PCAET a un niveau d’ambition très élevé« , a souligné le président de la métropole, Emmanuel Couet, « tant du point de vue des actions engagées que des moyens financiers mobilisés ». Ils représenteront 350 millions d’ici à 2030 pour plus d’une centaine d’actions programmées dans un plan comprenant une dizaine d’objectifs. « Nos deux plus gros chantiers portent clairement sur la rénovation énergétique des bâtiments et la mobilité ». Pour cette dernière, le PCAET prévoit notamment de réduire le trafic routier de 10% d’ici à 2030 et de développer le covoiturage et les transports en commun.

Le (bio)GNV, alternative soutenue par la Métropole

Au cœur de l’ensemble des mesures décidées, le GNV sort son épingle du jeu et la métropole y prend sa part. Elle a ainsi passé l’ensemble de son parc de camions de collecte des déchets (bennes d’ordures ménagères et camions grue) au GNV. Ce sont ainsi 41 véhicules qui ont été achetés avec une motorisation GNV en 2018 par Suez, en charge de la collecte. La conversion de ce parc important a permis la création d’une station GNV privée au Rheu. Fin 2018, c’est la société Tribord, en charge de la collecte des végétaux, qui a également passé sa flotte en bennes GNV ou électrique (3 véhicules) dans le cadre du nouveau marché.

Pour l’avenir, Rennes Métropole prend l’engagement de ne plus acheter de véhicules essence ou diesel dès lors qu’une offre permet de répondre aux besoins du service public. Ainsi, elle s’est notamment fixé pour objectif de développer une flotte bus 100% « propre » (électrique, gaz, hydrogène) à l’horizon 2030.

Orienter et accompagner le privé

Concernant le transport de marchandises, la métropole veut limiter ses impacts sur l’environnement. Le gaz doit ainsi permettre d’atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixé : plus de livraisons diesel dans le centre-ville de Rennes et -30% de livraisons diesel sur le reste de la métropole à horizon 2030, mise en place d’une Zone à Faibles Emissions (ZFE), déploiement d’Espaces Logistiques Urbains pour le dernier km…

D’après la Métropole, le passage d’une partie des véhicules au gaz naturel véhicule (GNV) ainsi que l’amélioration des moteurs thermiques devrait permettre de diminuer les émissions de CO2 par véhicule des poids lourds et des véhicules utilitaires légers respectivement de 20 et 30%.

Pour accompagner le développement de la flotte GNV, le Syndicat Départemental d’Energie d’Ille-et-Vilaine (SDE 35) porte, avec les autres syndicats d’énergie bretons, l’objectif de créer à l’échelle régionale un réseau de stations GNV accessibles aux poids lourds, mais également aux véhicules légers. Ce réseau doit permettre aux transporteurs de s’engager vers la conversion au gaz de leurs véhicules et ainsi réduire les émissions polluantes aussi bien lors des transports longue distance que lors des livraisons en ville. Dès 2018, le SDE35 a lancé des études de faisabilité de stations. Le calendrier prévisionnel prévoit les acquisitions foncières et le lancement des travaux dès le second semestre 2019 pour les stations de Liffré et Bédée, pour une mise en service début 2020. D’autres études de faisabilités seront également lancées sur les secteurs de Montgermont, Rennes Sud, Tinténiac et Miniac-Morvan.

Parmi les acteurs déjà engagés mis en avant par le PCAET, Aiguillon Construction a annoncé vouloir remplacer les véhicules les plus polluants de son parc par des véhicules dits « éco-responsables » en fonction des besoins et des possibilités et ce, à raison de 10% par an des véhicules diesels.

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