A l’initiative du collectif Breizh[Bio]GNV et en partenariat avec Rennes Métropole et le Groupe Suez, une vingtaine de collectivités se sont retrouvées vendredi 14 juin à Rennes pour échanger sur la pertinence de la solution gaz pour le transport de déchets.

Depuis 2018, Rennes Métropole est la 1ère métropole française à avoir basculé l’ensemble de la flotte de véhicules de collecte vers le GNV (Gaz Naturel Véhicules).

Moins polluants, moins bruyants, les 42 camions de collecte roulant au GNV de Suez, en charge de la collecte à domicile et en points d’apports volontaires, participent à l’amélioration de la qualité de vie des habitants de la métropole rennaise.

Rennes Métropole et le groupe SUEZ ont accueilli le 14 juin dernier, les collectivités bretonnes intéressées par le déploiement de cette solution pour les services de collecte des déchets. Un sujet d’intérêt, puisque près d’une vingtaine de collectivités ont répondu à l’appel et ont participé à l’événement.

L’occasion pour chacun de découvrir ou de confirmer l’intérêt du GNV, d’échanger sur les limites de la solution et d’identifier les freins à lever. Les collectivités ont été accueillies par Olivier Dehaese, Vice-Président de Rennes Métropole en charge de l’énergie et des déchets et ont pu échanger avec Corinne Goupil, directeur Agence Bretagne, Services aux Collectivités du Groupe SUEZ ainsi que Marielle Granja, responsable du service Collecte des déchets de la métropole rennaise.

Le retour d’expérience de la collectivité et de son prestataire a été complété par une présentation de François Dedieu, chargé de mission GNV chez GRDF et par une intervention de Renaud Michel,  de l’Ademe Bretagne.

Après avoir assisté au départ des Bennes à Ordures Ménagères (BOM) pour la tournée de l’après-midi, les participants ont pu échanger sur les choix techniques des bennes à ordures ménagères du groupe SUEZ.

Le voyage d’étude s’est terminé à la station GNVert du Rheu (35) où les participants ont été accueillis par Philippe Moreira, responsable Grands Comptes. L’occasion de découvrir le fonctionnement d’une station et de poursuivre les réflexions autour du développement du GNV sur le territoire.

En 2018, Nantes Métropole avait lancé un appel à projets destiné à faciliter l’intégration de la logistique urbaine dans le fonctionnement de la ville au quotidien. Parmi les projets lauréats, le GNV figure en bonne place.

L’appel à projets FLUX (pour « Fabriquons la logistique urbaine ensemble ») avait pour objectif d’accompagner des projets pour faciliter la livraison du dernier kilomètre sur le territoire de Nantes Métropole et contribuer à des modalités d’organisation et de transport « plus écologiques et respecteuses de la qualité de vie ».

L’appel à projets visait notamment la mise en place de solutions permettant :

  • la limitation de l’impact écologique du transport de marchandises en ville
  • la mutualisation et l’optimisation des flux et des livraisons
  • la distribution d’énergies alternatives et la mutation énergétique des véhicules
  • l’optimisation du stockage et la facilité d’accès aux marchandises et aux services des services de logistique retour
  • le déploiement de solutions de logistique fluviale et de stockage sur l’eau
  • l’organisation plus « durable » et écologique de la logistique des chantiers
  • la facilitation des activités des artisans en ville
  • l’optimisation de la consommation d’espace public par cette fonction
  • l’amélioration du fonctionnement de projets économiques structurants pour la métropole, comme le  pôle agro-alimentaire et le futur MIN métropolitain

Pour Nantes Métropole et ses partenaires, l’appel à projets était l’occasion de « bâtir une dynamique territoriale sur les sujets de la logistique de proximité ».

13 lauréats

Avec une trentaine de candidatures, les idées innovantes ne manquent pas : livraison par barge électro-solaire ou par vélo, mise en place d’une plate-forme logistique mutualisée, développement du GNV (gaz naturel pour les véhicules)…

13 projets de logistique urbaine durable ont été récompensés mi-juin et seront accompagnés dans leur déploiement et leur communication par la Métropole. 4 autres projets innovants ont été retenus comme « Graines de FLUX ».

« Depuis 2014, j’ai choisi de faire de la transition énergétique une des priorités du mandat, en donnant plus de nouvelles solutions écologiques », a souligné Johanna Rolland lors de la présentation des lauréats.

Parmi les lauréats, la Sem Sydela Energie 44 a proposé la création de deux nouvelles stations GNV, l’une située dans le secteur de Tougas (au pied du pont de Cheviré à Saint-Herblain), et l’autre au niveau du boulevard de Prairie à Mauves. La Sem contribue en parallèle au développement d’unités de méthanisation qui permettront à termes de fournir du BioGNV dans ces stations. « Nous apportons une solution d’avitaillement alternatif », a indiqué Alison Chedotal, directrice du SYDELA Energie 44, lors de la désignation des lauréats. « Si tout le monde joue le jeu, peut-être demain pourrons-nous mettre fin aux énergies fossiles ».

Autre lauréat misant sur le GNV, Mickaël Jouve, gérant des Transports Jouve, dont le projet d’optimisation d’une plateforme logistique pour la distribution sur la métropole nantaise a aussi été retenu. « Nous venons de lancer une flotte de véhicules GNV, notre objectif étant de remplacer à terme tous nos véhicules ».

Des avantages pour le GNV

La présidente de Nantes Métropole et maire de Nantes a précisé aux lauréats l’aide concrète dont ils allaient bénéficier : « C’est pour certains d’entre vous la mise à disposition de foncier, voire de locaux pour permettre le développement du projet, c’est un soutien en termes de communication, d’ouverture de réseaux. Et vous serez les premiers à bénéficier de la nouvelle réglementation qui a été adoptée en matière de logistique urbaine ».

Les Transports Jouve, comme l’ensemble des acteurs qui feront le choix de la livraison en véhicule propre (électrique, GNV ou hydrogène), bénéficieront en effet de la mise en œuvre du « premier acte » de la nouvelle réglementation des livraisons dans le centre-ville de Nantes dès le printemps 2019. Celle-ci entre en vigueur dans le centre-ville de Nantes dès ce mois de juin 2019 : les véhicules propres bénéficient d’un élargissement de la plage horaire autorisée pour les livraisons dans les zones piétonnes et réglementées en centre-ville, de 4h à 23h (au lieu de 7h30 à 11h30). Pour tous les autres véhicules, les règles de livraison restent inchangées.

Breizh Cop

Conférence bretonne de la transition énergétique

LES ACTEURS DE LA CONFÉRENCE S’ENGAGENT POUR LE CLIMAT

A l’occasion de la semaine « La Bretagne s’engage pour le climat » organisée du 3 au 7 juin dans le cadre de la Breizh COP, Philippe MAZENC, Secrétaire général aux affaires régionales, et André CROCQ, Conseiller régional délégué à la transition énergétique, ont réuni la Conférence bretonne de la transition énergétique (CBTE) à Saint-Brieuc le 6 juin dernier.

Le Pacte biogazier breton, un engagement pour développer le gaz vert en Bretagne

Pour déployer les énergies renouvelables, la Bretagne doit s’appuyer sur ses atouts : le vent, mais aussi la biomasse. Compte tenu de la ressource disponible sur son territoire, le développement d’une production de gaz renouvelable est possible. Les 6 signataires du futur Pacte biogazier breton (État, Région Bretagne, ADEME, Pôle Energie Bretagne, GRTgaz, GRDF) ont présenté le contenu de ce projet qui vise à mobiliser et à engager de nombreux acteurs pour faciliter le développement de la production de gaz vert en Bretagne.

Le Pacte biogazier repose sur 3 piliers :

  1. Augmenter la production de gaz renouvelable à partir de ressources maîtrisées,
  2. Optimiser les valorisations du biogaz breton,
  3. Structurer l’animation locale de la filière (accompagnement des projets, formation des exploitants, optimisation des modèles technico-économiques…).

La possibilité d’injecter le biogaz dans les réseaux de distribution et de transport du gaz ouvre de nouvelles perspectives de mobilisation du biogaz dans le mix énergétique breton et dans des utilisations telle que la mobilité (bio-GNV).

Les objectifs visés par le Pacte biogazier breton :

▪ Multiplier par 6,4 la production de gaz renouvelable (tous usages confondus) d’ici à 2030.

▪ Injecter dans les réseaux 1700 GWh de biogaz à l’horizon 2025, soit l’équivalent de 10% de la consommation bretonne de gaz naturel en 2018.

La présentation du futur Pacte, à l’issue d’une année de travaux collaboratifs, sera suivie d’une consultation des membres de la CBTE pendant un mois, pour une signature prévue en septembre.

Plus d’informations : 


À propos de la Conférence bretonne de la transition énergétique 

La Conférence bretonne de l’énergie, installée depuis 2010, est devenue la Conférence bretonne de la transition énergétique en novembre 2017. Co-présidée par l’État et la Région, cette instance de concertation réunit, une à deux fois par an, tous les acteurs de l’énergie en Bretagne : ADEME, élus et parlementaires, opérateurs, syndicats des énergies renouvelables, CESER, réseaux économiques et associatifs.

Grâce à l’aide de Morbihan Energies, les pompiers départementaux se forment aux interventions sur les véhicules GNV, électrique et bientôt hydrogène.

Électricité, gaz naturel, hydrogène… Le marché des véhicules va connaître des évolutions importantes avec ces motorisations nouvelles. Le développement de ces mobilités nouvelles doit s’accompagner d’un programme de formation pour les secours, pour en connaître les technologies et apprendre à intervenir.

Pour accompagner les équipes du SDIS 56 (Service départemental d’incendie et de secours), différents événements ont été organisés courant mai avec l’aide du syndicat départemental d’énergies du Morbihan. Le vendredi 3 mai d’abord, le SDIS avait regroupé au centre de secours de Vannes un large éventail de voitures à énergie alternative. Plus dix modèles prêtés par les concessionnaires de la région et Morbihan Energies étaient ainsi réunis.

« Lorsque nous sommes en intervention, il nous faut avoir une bonne lecture des points dangereux d’un véhicule. Nous avons acquis cette maîtrise pour l’essence, le gazole, puis le GPL. Nous nous préparons maintenant pour l’électricité, le GNV, l’hydrogène », souligne le colonel Erwan Ganne, chef de groupement couverture des risques au SDIS du Morbihan.

« Le premier souci est de neutraliser l’énergie. C’est pour cela que nous souhaitons connaître tous les véhicules qui sont actuellement utilisés », précise le sergent-chef Pierre-Yves Nicolas, référent secours route énergie au SDIS.

Jeudi 16 mai, les pompiers morbihanais se sont rendus zone du Prat à Vannes, au cœur de la station GNV mise en service en 2018 par 56 Energies, la société d’économie mixte de Morbihan Energies. Il s’agissait pour le SDIS 56 de lancer un programme de formation aux interventions en urgence. Objectif : connaître tous les organes de sécurité pour agir au bon endroit dès le premier instant.

Les formations se poursuivront, en attendant la future station hydrogène qui devrait voir le jour au même endroit dès l’année prochaine.

Lorient Agglomération vient de mettre en consultation son projet de Plan climat air énergie territorial (PCAET). Il envisage la conversion vers le gaz des bus et des BOM de la collectivité.

Si la transition écologique et énergétique est aujourd’hui au coeur de son action publique, Lorient Agglomération a déjà mis en œuvre un certain nombre d’actions concrètes sur le terrain : ouverture d’une recyclerie, construction d’un pôle d’échange multimodal à la gare de Lorient, mise en place d’une infrastructure de transport collectif en site propre Triskell, bateau électrique zéro émission pour les liaisons transrade…

Aujourd’hui, l’agglomération vient de mettre en consultation son Plan climat air énergie territorial (PCAET). Objectif : préparer l’avenir d’un territoire durable.

Le Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) est un document de planification établi pour 6 ans. Il constitue la feuille de route qui guide la transition écologique et énergétique du territoire sur la période 2019-2025.

Lancée en décembre 2016, l’élaboration du PCAET s’est faite par étapes. Après une phase de diagnostic et de construction d’une stratégie territoriale, la troisième étape a été l’élaboration d’un plan d’action. Celui-ci s’appuie sur les leviers identifiés par le diagnostic et décrit toutes les actions qui seront mises en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés dans la stratégie.

La transition énergétique au coeur de l’action publique

Le diagnostic le démontre : la question de l’énergie est centrale pour Lorient Agglomération. La consommation des énergies fossiles est la cause principale des émissions de gaz à effet de serre et des émissions de polluants du territoire. Les secteurs du bâtiment et du transport en sont les principaux responsables. Cumulés, ils représentent 83 % de la consommation d’énergie du territoire, ils émettent plus de 70% des gaz à effet de serre, et ce sont les principales sources d’émissions de polluants atmosphériques. Par ailleurs, la facture énergétique pèse lourd sur l’économie du territoire, d’autant qu’une part très faible de l’énergie consommée est produite localement.

Lorient Agglomération a donc décidé de positionner la transition énergétique au coeur de l’action publique. Elle en a fait « un défi prioritaire » pour prendre part à la lutte contre le changement climatique, préserver les ressources, maîtriser la facture énergétique et réduire les inégalités sociales.

Le GNV parmi les solutions

Parmi les solutions envisagées, Lorient Agglomération veut rationaliser l’usage de la voiture, en améliorant la performance des transports collectifs, en favorisant l’usage des modes actifs et en encourageant le covoiturage.

L’agglomération s’engage aussi à être exemplaire avec l’objectif de réduire de 50% ses consommations énergétiques et émissions de gaz à effet de serre et de couvrir 50% de sa consommation par des énergies renouvelables. 100% des véhicules de la collectivité seront « propres » en 2030

La sortie des produits pétroliers est visée avec une place importante donnée aux véhicules alimentés au GNV puis au bioGNV, ainsi qu’à l’électromobilité pour les trajets en zone urbaine.

Deux études sont actuellement menées pour les bus et les BOM. La première doit envisager de nouvelles motorisations des bus correspondant au nouveau réseau. La production de biogaz de l’installation de stockage des déchets devrait couvrir près de 80% de la consommation actuelle de la flotte de bus. Le passage au GNV apparaît ainsi pertinent et complémentaire à la motorisation électrique qui serait concentrée en zone urbaine.

Portée par la SEM 56 Energies, une infrastructure de charge rapide est en projet pour les transporteurs et les bennes à ordure ménagère en bordure de la RN165. Une étude a été menée en partenariat avec GRDF pour envisager le passage des bennes à ordure ménagère au gaz naturel véhicule à l’occasion de leur renouvellement. Les conclusions de l’étude montrent l’intérêt tant environnemental que financier de cette solution. Sous réserve de l’installation d’une station de charge rapide à proximité du site ADAOZ à Lann Sévelin, le GNV sera donc développé.

Face au maillage encore trop faible en stations-services GNV, Nantes Saint-Nazaire Port a programmé l’implantation d’une station GNV à Montoir-de-Bretagne.

Le Sydela (Syndicat d’énergie de Loire-Atlantique) a remporté l’appel à manifestation d’intérêt. L’objectif affiché est une mise en service en 2020.

La ville de Saint-Nazaire, Nantes Saint-Nazaire Port mais aussi des industriels tels que Veolia ou Idéa se sont engagés à renouveler leur flotte de véhicules dans les deux années qui viennent pour en équiper une partie au GNV.

Dans le cadre de ce projet de station, le Sydela propose aux professionnels de prendre part à une matinée d’information, de partage et de réflexion le mardi 4 juin 2019 dans les locaux du Grand Port à Montoir-de-Bretagne.

Informations et inscriptions

Les entreprises du territoire de Lamballe Terre et Mer se sont montrées intéressées par le projet de station GNV sur la zone d'activité de la Tourelle.

Lamballe Terre & Mer et la SEM Énergies 22 ont proposé une rencontre autour du Gaz Naturel Véhicules, le vendredi 19 avril 2019. Une vingtaine d’entreprises du territoire se sont montrées intéressées par ce carburant, alternatif au diesel, plus économique et écologique.

La SEM Énergies 22 prévoit de construire une station GNV sur un terrain mis à disposition par Lamballe Terre et Mer, parc d’activités de La Tourelle 2. Elle sera accessible d’ici l’été 2020 aux poids lourds, cars, utilitaires et voitures particulières.

Cette station sera raccordée au réseau de distribution de gaz. Ce dernier sera prochainement alimenté au niveau de Lamballe par le biogaz produit par un méthaniseur local à partir des coproduits de l’abattoir et des effluents d’élevage.

Des aides financières pour les entreprises

Une vingtaine d’entreprises du territoire se sont intéressées par le projet. Elles pourront bénéficier d’aide à l’achat de véhicules à motorisation GNV.

Les autres entreprises intéressées peuvent prendre contact avec :

  • Chiara Zanasi, tél. 02 99 23 98 42 (Pôle Énergie Bretagne)
  • Agnès Melet (Lamballe Terre et Mer), tél. 02 96 32 93 21
  • Iwen Layec (Bretagne Supply Chain), tél. 02 99 33 66 53

Télécharger la plaquette GNV – Station de Lamballe Terre et Mer

Cette rencontre a été animée par (de gauche à droite) : Jean-Luc Barbo, Vice-Président de Lamballe Terre et Mer, en charge du développement durable ; Loïc Cauret, président de Lamballe Terre et Mer ; Dominique Ramard, Président de la SEM Énergies 22 ; Thierry Tallec, ingénieur GNV à GRDF et Iwen Layec, chargé de missions à Bretagne Supply Chain.

La société d’économie mixte LIGER s’engage avec le concessionnaire automobile SEAT. Objectif : démontrer l’accessibilité des véhicules neufs compatibles au [Bio]GNV. Mercredi 24 avril, LIGER a réceptionné les premiers modèles Leon GNV disponibles en France.

SEAT a lancé la commercialisation de la gamme Leon TGI en GNV au Mondial de l’Auto en octobre dernier à Paris. « LIGER est la première entreprise à avoir passé commande de 5 Leon TGI GNV en France« , souligne François Larher, directeur des ventes entreprises chez SEAT France. Fabriqué à Martorell en Espagne, les véhicules hybrides GNV / essence sont arrivés à Locminé le 24 avril.

« Nous avons enregistré 200 commandes de Leon GNV dont 90% pour des professionnels depuis le Mondial de l’Auto« , précise François Larher. Depuis, SEAT a lancé il y a 3 semaines la production de la gamme Arona en GNV. « SEAT croit au développement du GNV. Le maillage des stations de distribution en France est encore restreint mais se développe rapidement« .

François LARHER et Jocelyn CANAREZZA (SEAT), Joël TANGUY et Marc LE MERCIER (LIGER)

« Leur volonté de s’engager vers une mobilité verte était en accord avec nos valeurs. Nous avons, à partir de là, enclenché une démarche de partenariat » a indiqué Marc Le Mercier, directeur général de LIGER.

LIGER produit du biométhane carburant mais pour l’utiliser, encore faut-il avoir le véhicule approprié. La SEAT Leon TGI peut rouler au [bio]GNV distribué par LIGER sous la marque Karrgreen® à la station de Locminé.

Pour promouvoir l’achat de véhicules neufs au GNV, les partenaires mettent en avant le prix compétitif du GNV (0,98 €/kg) par rapport au diesel ou à l’essence, mais aussi l’exonération de la Taxe annuelle sur les Véhicules de Société (TVS) pendant 3 ans pour les professionnels, et la réduction de 50% du coût de la carte grise.

Dans le prolongement de ses récents événements de communication, LIGER devrait organiser une journée dédiée au bioGNV cette année pour « rendre accessible la mobilité décarbonée au plus grand nombre ».

19 collectivités lauréates ont été retenues dans le cadre de l’appel à projets national « Zones à faibles émissions (ZFE) ». Plus d’1,3 million d’euros leur seront alloués pour l’étude de la faisabilité d’une zone à faibles émissions en faveur de la qualité de l’air ou l’accompagnement à leur mise en œuvre.

Les Zones à Faibles Emissions (ZFE) (anciennement Zone de Circulation Restreinte) permettent aux collectivités de limiter l’accès à une partie de leur territoire aux véhicules les plus émetteurs de polluants atmosphériques, pendant une période donnée (jours, heures…) et selon les critères de leurs choix. Objectif : améliorer la qualité de l’air et protéger la santé des populations.

En France, seules trois agglomérations l’ont mis en œuvre : Grenoble, Strasbourg et Paris. Il en existe 231 en Europe réparties dans 13 pays. Le projet de loi d’orientation des mobilités doit faciliter leur déploiement. Pour le gouvernement, la mise en place de ZFE est une solution efficace pour réduire la pollution, si elle s’inscrit dans le cadre de plans d’actions plus larges intégrant accompagnement et information.

Préfiguration et mise en oeuvre

Les 19 collectivités retenues seront accompagnées par l’Ademe pour la réalisation d’études permettant de préfigurer la mise en place de ces ZFE ou dans la mise en œuvre d’expérimentations visant à accélérer le renouvellement du parc de véhicules anciens par des véhicules moins polluants.

Les 19 collectivités retenues par l’Etat dans le cadre de l’appel à projets « Zones à Faibles Emissions »

Des « ZFE dédiées marchandises »

L’ensemble des ZFE devraient s’appliquer à tout type de véhicules (particuliers et professionnels). Certaines collectivités ont cependant décidé de n’appliquer ce principe qu’aux véhicules de transport de marchandises. C’est notamment le cas de la métropole de Grenoble où une « ZFE marchandises » est effective depuis le 1er janvier 2017 sur le centre-ville élargi. Son périmètre a été élargi à neuf communes de la première couronne depuis le printemps 2019. La métropole grenobloise souhaite désormais accompagner 60 à 110 entreprises du territoire dans leurs réflexions en matière de transition énergétique des véhicules (coût global, aides, fiscalité, fiabilité et performance techniques et intérêt environnemental des véhicules à faibles émissions).

A Strasbourg, depuis le 1er septembre dernier, les véhicules diesel de livraison sans pastilles Crit’Air et pastilles Crit’Air 5 sont interdits sur le périmètre de la Grande Ile. A partir du 1er septembre 2019, cette interdiction sera étendue aux pastilles Crit’Air 4. Cette mesure est complétée par un accès élargi pour les véhicules de livraison propres (électriques et GNV) entre 10h30 et 11h30. L’agglomération veut aujourd’hui travailler sur les mesures d’accompagnement à la mise en place de la ZFE, une enquête sur le parc local circulant des poids lourds et véhicules utilitaires légers, et une étude sur les dispositifs de contrôle adaptés pour la collectivité et les moyens pour lever les contraintes (réglementaires, financières, techniques) déjà identifiées.

De son côté, Montpellier Méditerranée Métropole veut déployer une première Zone à Faible Emission pour le centre-ville de Montpellier et dédiée aux véhicules de livraison de marchandises. L’interdiction d’accès aux véhicules les plus polluants devrait ensuite être étendue aux particuliers et à un périmètre plus large.

Pour la Métropole du Grand Nancy, le projet vise à préfigurer les modalités de mise en œuvre d’un ou deux scénarios de ZFE, intégrant l’étude d’une ZFE Marchandise.

Anticiper et impliquer les professionnels

Les autres lauréats (Métropole européenne de Lille, Métropole du Grand Paris, Plaine Commune, Métropole Aix-Marseille-Provence, vallée de l’Arve, Toulouse Métropole, Grand Lyon, Saint-Etienne Métropole, Toulon Provence Méditerranée, Communauté urbaine d’Arras, Clermont Auvergne Métropole, Grand Annecy, Valence Romans Agglo, Communauté d’agglomération de La Rochelle, Fort de France) vont poursuivre leurs travaux sur le sujet. Au programme notamment : comment informer les usagers, comment définir les périmètres géographiques et les véhicules concernés, comment faire accepter la mesure, comment accompagner les ménages et les professionnels les plus modestes…

Pour rappel, début février, Rennes Métropole avait annoncé vouloir interdire les livraisons en véhicule diesel dans le centre-ville de Rennes en 2030 et réfléchir à la mise en place d’une Zone à Faibles Émissions.

A l’issue de son conseil communautaire du 17 décembre dernier, Morlaix Communauté a approuvé la construction de la future station GNV située sur la commune de Saint-Martin des Champs et a souhaité accompagner la démarche en convertissant progressivement une partie de sa flotte au gaz.

Une des stations GNV construite par le syndicat départemental d’énergie du Finistère (SDEF) sera implantée sur le territoire de Morlaix Communauté (29), sur la commune de Saint-Martin des Champs. Le syndicat a donc sollicité l’avis du Conseil de communauté sur le sujet.

Réuni le 17 décembre dernier, le Conseil a validé son intérêt pour le projet. Pour les élus, « la création de cette station répond à une demande des acteurs de transports du territoire, marchandises et voyageurs, qui y voient une réponse aux problématiques de pollution ».  La station doit leur permettre « de maintenir leur compétitivité vis-à-vis des autres régions équipées par les opérateurs privés mais aussi de répondre aux demandes de leur donneurs d’ordre pour un transport moins polluant et de ne pas subir les limitations de circulation pendant les périodes de pollution ». Le Conseil met aussi en avant le développement conjoint de la méthanisation qui doit permettre « d’augmenter la proportion de biogaz et utiliser ainsi une énergie issue du territoire et confortant la richesse qui y est créée ».

Morlaix Communauté est engagé depuis 2015 dans une démarche de Plan Climat Energie Territorial. La création de cette station, en apportant une solution alternative au diesel, doit ainsi contribuer à la dimension environnementale du projet de territoire, permettre l’augmentation des énergies renouvelables (notamment via la méthanisation) et répondre aux problématiques de mobilité durable.

Pour le Conseil communautaire, « ce projet présente un intérêt majeur pour le territoire, aussi bien économique qu’environnemental ». Il approuve donc le projet du SDEF et de la SEM Energies en Finistère d’implanter la station GNV, qui sera située à proximité de la RN12 près du rond-point du puits.

Pour aller plus loin et au titre de l’exemplarité, les flottes de véhicules de Morlaix Communauté (cars, bus et bennes à ordures) pourraient évoluer progressivement vers ce nouveau carburant, au fur et à mesure du besoin de renouvellement du parc de véhicules.

La nouvelle structure de gestion du service d’assainissement collectif de Dinan Agglomération disposera d’une flotte de véhicules 100% GNV à l’horizon 2022.

L’agglomération de Dinan a confié pour 7 ans son service d’assainissement collectif à l’entreprise Saur qui intervient, depuis le 1er janvier dernier, sur 25 des 64 communes de la collectivité.

La collectivité a opté pour le mode de gestion d’un Semop (Société d’économie mixte à opération), l’actionnariat de la société étant détenu à 60% par Saur et 40% par Dinan Agglomération. Baptisée Eaux de Dinan Assainissement, cette structure doit permettre à l’agglomération de « disposer des performances et de la technicité reconnue des acteurs de l’eau et de l’assainissement, tout en garantissant une gouvernance transparente et active ».

Les engagements environnementaux et patrimoniaux « ambitieux » mis en avant par la Saur ont fait pencher la balance vers l’entreprise, qui prévoit notamment une lutte accrue contre les eaux parasites, une réduction des nuisances olfactives, la mise en place d’un partenariat avec le Pôle Cristal (pôle de recherche génie-climatique) et le service Saur R&D ou encore l’animation d’ateliers innovations collaboratives.

La réduction de l’empreinte carbone est aussi mise en avant par la collectivité pour justifier ce choix. Sur cette thématique, la Saur s’est notamment engagé à utiliser une flotte de véhicules 100% GNV à l’horizon 2022 et à accompagner Dinan Agglomération dans sa réflexion sur des projets de méthanisation et récupération de chaleur.

La société de création et maintenance de réseaux de distribution électrique RESO, située à Baud (56), a acquis un fourgon benne au GNV.

La société créée en 1997, et rattachée depuis 2007 au groupe TPB, intervient sur les réseaux électriques de distribution publique, notamment pour le compte des syndicats d’énergie départementaux et d’ERDF. RESO réalise aussi des prestations d’éclairage public, de l’étude technique jusqu’à l’entretien du patrimoine et au dépannage à la demande. Enfin, les équipes de l’entreprise, formées pour tous travaux sur la fibre optique, interviennent sur les travaux de génie civil pour les réseaux de télécommunication.

Basée à Baud (56), RESO a souhaité poursuivre sa transition écologique avec l’achat d’un fourgon benne 3.5T IVECO doté d’un moteur GNV. L’entreprise s’avitaille à Locminé à la station gérée par le LIGER.

La métropole rennaise a adopté début avril son Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET). Faisant la part belle au GNV, il vise un double objectif : diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire et assurer aux habitants un cadre de vie contribuant à leur santé et leur bien-être.

Le PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) est une démarche de développement durable rendue  obligatoire pour les intercommunalités par la loi de Transition énergétique pour la croissance verte. Celui que vient d’adopter le conseil de Rennes Métropole porte une double ambition :

  • s’inscrire dans la trajectoire nationale de neutralité carbone en visant une division par deux des émissions de gaz à effet de serre par habitant en 2030
  • permettre aux habitants, et en particulier les plus fragiles, de bénéficier d’un cadre de vie qui contribue à leur santé et bien-être.

« Notre PCAET a un niveau d’ambition très élevé« , a souligné le président de la métropole, Emmanuel Couet, « tant du point de vue des actions engagées que des moyens financiers mobilisés ». Ils représenteront 350 millions d’ici à 2030 pour plus d’une centaine d’actions programmées dans un plan comprenant une dizaine d’objectifs. « Nos deux plus gros chantiers portent clairement sur la rénovation énergétique des bâtiments et la mobilité ». Pour cette dernière, le PCAET prévoit notamment de réduire le trafic routier de 10% d’ici à 2030 et de développer le covoiturage et les transports en commun.

Le (bio)GNV, alternative soutenue par la Métropole

Au cœur de l’ensemble des mesures décidées, le GNV sort son épingle du jeu et la métropole y prend sa part. Elle a ainsi passé l’ensemble de son parc de camions de collecte des déchets (bennes d’ordures ménagères et camions grue) au GNV. Ce sont ainsi 41 véhicules qui ont été achetés avec une motorisation GNV en 2018 par Suez, en charge de la collecte. La conversion de ce parc important a permis la création d’une station GNV privée au Rheu. Fin 2018, c’est la société Tribord, en charge de la collecte des végétaux, qui a également passé sa flotte en bennes GNV ou électrique (3 véhicules) dans le cadre du nouveau marché.

Pour l’avenir, Rennes Métropole prend l’engagement de ne plus acheter de véhicules essence ou diesel dès lors qu’une offre permet de répondre aux besoins du service public. Ainsi, elle s’est notamment fixé pour objectif de développer une flotte bus 100% « propre » (électrique, gaz, hydrogène) à l’horizon 2030.

Orienter et accompagner le privé

Concernant le transport de marchandises, la métropole veut limiter ses impacts sur l’environnement. Le gaz doit ainsi permettre d’atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixé : plus de livraisons diesel dans le centre-ville de Rennes et -30% de livraisons diesel sur le reste de la métropole à horizon 2030, mise en place d’une Zone à Faibles Emissions (ZFE), déploiement d’Espaces Logistiques Urbains pour le dernier km…

D’après la Métropole, le passage d’une partie des véhicules au gaz naturel véhicule (GNV) ainsi que l’amélioration des moteurs thermiques devrait permettre de diminuer les émissions de CO2 par véhicule des poids lourds et des véhicules utilitaires légers respectivement de 20 et 30%.

Pour accompagner le développement de la flotte GNV, le Syndicat Départemental d’Energie d’Ille-et-Vilaine (SDE 35) porte, avec les autres syndicats d’énergie bretons, l’objectif de créer à l’échelle régionale un réseau de stations GNV accessibles aux poids lourds, mais également aux véhicules légers. Ce réseau doit permettre aux transporteurs de s’engager vers la conversion au gaz de leurs véhicules et ainsi réduire les émissions polluantes aussi bien lors des transports longue distance que lors des livraisons en ville. Dès 2018, le SDE35 a lancé des études de faisabilité de stations. Le calendrier prévisionnel prévoit les acquisitions foncières et le lancement des travaux dès le second semestre 2019 pour les stations de Liffré et Bédée, pour une mise en service début 2020. D’autres études de faisabilités seront également lancées sur les secteurs de Montgermont, Rennes Sud, Tinténiac et Miniac-Morvan.

Parmi les acteurs déjà engagés mis en avant par le PCAET, Aiguillon Construction a annoncé vouloir remplacer les véhicules les plus polluants de son parc par des véhicules dits « éco-responsables » en fonction des besoins et des possibilités et ce, à raison de 10% par an des véhicules diesels.

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Télécharger le plan d’actions du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)

Le GNV n’est pas réservé qu’au transport lourd. Preuve en est son développement constant sur le segment des véhicules utilitaires. A Locminé (56), l’imprimeur E2p Imprim’ en a fait un marqueur fort de sa démarche environnementale. Rencontre avec Philippe Dauris, son président.  

Breizh [Bio]GNV : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’activité de votre entreprise ?

Philippe Dauris : Nous sommes imprimeur sur la commune de Locminé. Nous travaillons pour les administrations (mairies, communautés de communes…), les entreprises (artisanat, agroalimentaire, pet food…), l’ensemble des commerçants, les associations mais aussi des particuliers. Nous réalisons, en numérique et en offset, de la carte commerciale jusqu’à la brochure en passant par les affiches, les flyers, les carnets de transport et autres produits dérivés. Nous travaillons essentiellement sur le Morbihan, où sont positionnés 90% de nos clients.

Breizh [Bio]GNV : Quelles ont été vos motivations pour passer au GNV ?

Philippe Dauris : La première motivation a été déjà notre volonté de devenir Imprim’Vert® (ndlr : la marque Imprim’Vert® a pour objectif de favoriser la mise en place par les entreprises exerçant des activités d’impression, d’actions concrètes conduisant à une diminution des impacts de l’activité sur l’environnement). Outre les actions auxquelles on pense directement (papier, solvants…), nous avons souhaité apporter une autre solution et nous avons pensé immédiatement GNV.

Breizh [Bio]GNV : Pourquoi ?

Philippe Dauris : Parce que l’on se trouvait sur un territoire pionnier du GNV en Bretagne avec le LIGER (ndlr : la Ville de Locminé et son territoire, à travers la SEM (Société d’Economie Mixte) LIGER (Locminé Innovation et Gestion des Energies Renouvelables) ont créé un centre d’énergies renouvelables dans le but de renforcer sa démarche de développement durable). Aussi parce que nous devions changer de véhicule. Vu le développement commercial de l’entreprise, il était temps d’avoir une flotte de véhicules dédiés. Comme nous avons des circuits assez courts (nous faisons 300 kilomètres par jour), c’était une évidence de passer au GNV.

Philippe Dauris (à droite) lors de l’événement « Optimisez vos déplacements professionnels » organisé le 7 mars dernier par Creativ et la CCI Ille-et-Vilaine, et labellisé InOut (Photo : Ouest Médias)

Breizh [Bio]GNV : Comment vous êtes-vous informé sur le GNV ?

Philippe Dauris : Nous avons visité le LIGER et cela a éveillé notre volonté. Après, il a fallu chercher des informations. Je suis parti du LIGER, qui m’a aiguillé vers Morbihan Energies, vers le Conseil départemental puis régional et jusqu’à Breizh[Bio]GNV. Cette communication pourrait se faire de manière plus courte, en ayant rapidement le bon intervenant.

Breizh [Bio]GNV : Quelles sont, pour vous, les avantages et les inconvénients de la solution GNV ?

Philippe Dauris : Le premier avantage est de se dire que l’on ne pollue pas. Il faut quand même le mettre en avant !

Le coût du carburant est aussi à prendre en compte. Ramené au prix du litre, il y a un gap entre le diesel et le gaz qui n’est pas négligeable. Par ailleurs, une partie de la carte grise est prise en charge par la Préfecture. Sur Paris, l’administration la prend en charge à 100% ; il faut aller dans ce sens. Un véhicule au gaz étant un peu plus cher qu’un véhicule essence, il faut que les entreprises puissent franchir le pas et leur en donner les possibilités financières.

Côté négatif : le manque de stations pour que nous puissions étendre notre zone de chalandise. Avec notre véhicule GNV, nous pouvons aujourd’hui faire jusqu’à 270 kilomètres. C’est ce qui explique que nous ayons du prendre un véhicule hybride « GNV / essence » et pas un « 100% GNV ». Il fallait que nous puissions continuer à rouler et nous ne pouvions pas nous permettre de faire 50 kilomètres pour aller faire le plein. Il est donc nécessaire pour nous qu’il y ait des stations.

Enfin, ça a aussi été compliqué d’aller chercher des véhicules. Même les concessionnaires ne sont pas au fait du GNV. Aujourd’hui, le carnet de commandes de certains constructeurs commence à grandir. Comme ce sont des séries limitées, dès que l’on choisit des options, il faut être patient. Nous avons eu la chance d’avoir des véhicules qui étaient disponibles mais nous avons tout de même dû attendre quatre mois. Si vous mettez des options supplémentaires, cela peut être plus long.

Breizh [Bio]GNV : Comment voyez-vous le développement du GNV dans votre entreprise ?

Philippe Dauris : Nous ne sommes que quatre dans la société ; le développement est donc limité. Les véhicules vont avoir un an. Au bout de cinq ans, nous les changerons, sans doute pour passer au « tout GNV »… si les stations s’y prêtent.

A titre privé, j’ai un véhicule diesel qui a cinq ans. Il est certain que je penche actuellement sur le GNV. Cette question n’est pas uniquement rattachée aux entreprises, c’est un effort aussi à mener auprès de particuliers. C’est aussi pour cela que j’en parle au sein des entreprises et que je montre volontiers le véhicule aux gens. Si tout le monde pouvait faire cet effort là, ce serait déjà pas mal.

Breizh [Bio]GNV : Comment valorisez-vous la solution GNV auprès de vos clients ?

Philippe Dauris : Nous avons intégré une signalétique indiquant que nous roulions au bioGNV sur l’ensemble de nos échanges par mails et sur les devis. La communication entre aussi dans les relations en direct. Ce matin, j’étais chez un client à Redon et je lui ai indiqué les livrer au gaz naturel. J’ai pu échanger avec eux sur cette solution.

Breizh [Bio]GNV : Quel est le retour de vos interlocuteurs ?

Philippe Dauris : J’ai rencontré plusieurs entreprises qui ont réfléchi à passer au GNV. Leur retour est positif.

 

 

 

Loic CAURET, Président de Lamballe Terre & Mer & Dominique RAMARD Président de la SEM Energies 22 ont le plaisir de convier les Entreprises intéressés par le GNV à un petit-déjeuner d’information dans la perspective de la construction d’une station d’avitaillement sur le territoire.

  • le vendredi 19 avril 2019
  • de 8h30 à 10h30
  • Espace Lamballe Terre & Mer (Salle du conseil  Espace Lamballe Terre & Mer | 41 rue Saint Martin  | 22 400 Lamballe).

Le Gaz Naturel pour Véhicules (GNV) est un carburant, alternatif au diesel pour le transport de marchandises et de personnes, présentant des avantages économiques et environnementaux. En Côtes d’Armor, la SEM Energies 22 va construire quatre stations d’avitaillement, dont celle de Lamballe Terre & Mer, située sur le parc d’activité de la Tourelle 2 à proximité de la RN 12 .

  • Programme :
    08h30 | Accueil café
    08h45 | Ouverture par Jean Luc BARBO – Vice-Président au développement durable et des milieux naturels – Lamballe Terre & Mer
    09h00 | Qu’est-ce que le Gaz Naturel Véhicule ? Benjamin SIMON – Responsable du programme Mobilité Durable – GRDF
    09h20 | La SEM Energies 22 s’engage en faveur de la mobilité gaz Dominique RAMARD – Président – Directeur Général – SEM Énergies 22
    09h40 | Acteurs économiques : quels sont les enjeux du GNV pour votre activité ? – Iwen LAYEC – Chargé de mission, Bretagne Supply Chain / Breizh BioGNV
    10h00 | Témoignages de transporteurs / artisans

Inscription ICI

 

En mars 2018, 56 Énergies (la société d’économie mixte du syndicat départemental d’énergies Morbihan Énergies) a mis en service une station gaz naturel véhicules (GNV) sur la zone du Prat à Vannes. Un an après, quel résultat ?

Aujourd’hui les professionnels de la région vannetaise commencent à s’équiper. Parmi les primo-utilisateurs : les transports Denoual à Elven (trois camions), Véolia (trois camions), la collectivité Golfe du Morbihan Vannes Agglomération (trois bennes à ordures ménagères), Fidéli Course (trois fourgons) ou encore la ville de Vannes (un fourgon).

Qu’ils soient publics ou privés, les acteurs souhaitant investir dans des véhicules GNV peuvent recevoir une aide financière allant jusqu’à 13.000€ par véhicule. Les premiers chèques ont été remis le 20 mars, à Vannes, à quatre entreprises et collectivités.

Le Morbihan compte actuellement deux stations, à Vannes et à Locminé. L’ouverture de deux nouvelles stations, à Lorient et Saint-Gérand, est en cours de développement à l’initiative de Morbihan Énergies. D’ici 2021, dix-sept stations devraient ainsi s’ouvrir en Bretagne grâce à l’association des quatre syndicats d’énergie de Bretagne avec le concours de l’Ademe et de la Région Bretagne. Pour Morbihan Energies, « ce maillage territorial doit permettre de développer l’usage du GNV et sa version 100 % renouvelable, le bioGNV » et de « garantir une disponibilité carburant en tout point de Bretagne, en s’appuyant sur le réseau routier structurant RN165 et RN12 ».

La société morbihannaise spécialisée dans le transport frigorifique a investi début 2018 dans un véhicule GNL. Rencontre avec Gilles Ernoult, son dirigeant.

Breizh[Bio]GNV : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’activité de votre entreprise ?

Gilles Ernoult : Free Go Ouest a été créée en novembre 2007 par Patrice Le Digabel et moi-même. Nous avons commencé chacun avec un camion. Aujourd’hui, Free Go Ouest représente cinquante véhicules, 120 conducteurs, en frigorifique et en régional à 90%, et un entrepôt à Péaule (56).

Breizh[Bio]GNV : Quelles ont été vos motivations pour passer au GNV ?

Gilles Ernoult : Comme tout le monde, j’entends la situation écologique mondiale et la vision du transporteur pollueur. Le passage au gaz était donc pour moi une raison essentiellement écologique au départ, avec la volonté de démontrer que Free Go Ouest pouvait innover pour rouler plus propre. Nous n’avions pas de demande particulière de la part de nos clients.

Nous avons fait le choix d’acquérir un camion au gaz naturel liquéfié (GNL) et non comprimé (GNC), pour des raisons d’autonomie. En effet, nos véhicules font, en régional, une moyenne de 18.000 kilomètres mensuels, soit 800 kilomètres par jour. Même si les stations sont plus nombreuses, le gaz comprimé présentait de risque de devoir faire le plein au moins deux fois par jour. Ce qui n’est pas le cas avec le liquéfié et son autonomie d’un millier de kilomètres.

Breizh[Bio]GNV : Quelles sont, pour vous, les avantages et les inconvénients de la solution GNV ?

Gilles Ernoult : L’avantage premier de la solution gaz reste l’aspect écologique. L’autre avantage pour moi est un tarif d’achat du gaz moindre que le gazole.

La contrainte principale avec le gaz liquéfié est la présence d’une seule station pour le moment en Bretagne, à Gaël (35). Hors Bretagne, la plus proche est à Cholet. Pour ceux qui roulent beaucoup comme nous, l’autonomie légère du compressé reste un point noir et nécessite de s’arrêter plusieurs fois par jour pour faire le plein. Il ne faut pas se rater. Nous le voyons déjà avec le liquéfié : il suffit qu’un conducteur ne fasse pas le plein pour que l’on doive casser la tournée et faire demi-retour pour aller faire le plein au bon endroit.

Parallèlement, un véhicule gaz coûte 30% de plus que sa version diesel et s’il y a des aides pour les véhicules au gaz compressé, aucune ne concerne le liquéfié.

Enfin, pour les pleins en gazole, un seul badge permet de s’approvisionner dans n’importe quelle station. Pour le gaz, il faut un badge différent à Rennes ou à Locminé. Il faudrait homogénéiser le réseau.

Breizh[Bio]GNV : Comment valorisez-vous la solution GNV auprès de vos clients ?

Gilles Ernoult : A l’instar de certains concurrents sur le Morbihan, aucun client ne m’en a fait la demande. Le GNV est beaucoup demandé sur des porteurs pour de la distribution. Notre véhicule est sur une tournée standard avec de multiples clients. Ils sont satisfaits, mais sans plus.

Breizh[Bio]GNV : Quel est le retour de vos conducteurs ?

Gilles Ernoult : Pour le moment, le seul véhicule que nous avons est d’une puissance de 400CV donc assez faible. Nous avons eu en test un véhicule de 460CV et les retours ont été bons. Pour l’approvisionnement, nous n’avons eu aucune résistance de la part de nos conducteurs même s’il faut mettre des EPI pour faire le plein de liquéfié.

Breizh[Bio]GNV : Comment voyez-vous le développement du GNV dans votre entreprise ?

Gilles Ernoult : En termes écologiques, je pense depuis longtemps qu’avec le gaz, il y a de belles choses à faire. Aujourd’hui, j’attends de voir le déploiement des stations et l’amélioration des véhicules. Si je reprends un camion GNC, je me dois impérativement de le laisser sur la même tournée pour qu’il puisse s’arrêter au même endroit pour faire le plein. Avec toutes les contraintes du transport, cela rajoute une complexité. Autant Free Go Ouest est allé vite sur le liquéfié, autant nous attendons le déploiement de la filière pour aller plus loin dans le développement de nos véhicules au gaz.

Après Mortagne sur Sèvres et La Chaize le Vicomte, la communauté de communes du Pays de Saint-Fulgent – Les Essarts disposera, à partir de juin 2019, d’une station distribuant du GNV et bioGNV.

C’est la deuxième station qui sera construite par Vendée Energie. Le syndicat départemental d’énergie avait en effet été lauréat, en janvier 2018, de l’appel à projets national lancé par l’Ademe, visant à développer le réseau de stations GNV sur le territoire national. Le projet déposé par Vendée Energie comporte sept stations qui seront réparties sur le territoire vendéen. Cette reconnaissance de l’Ademe permettra à Vendée Energie de distribuer 1,4 M€ de subventions aux transporteurs souhaitant investir dans les véhicules roulant au gaz naturel.

Cette future station, située à Essarts le Bocage offrira une capacité évolutive allant jusqu’à 50 poids lourds par jour. Des pics de fréquentation seront possibles jusqu’à 12 poids lourds par heure.

En septembre dernier, la régie régionale de transports Illevia mettait en circulation un car fonctionnant au GNV pour relier Rennes et Retiers. Après six mois d’exploitation, Breizh[Bio]GNV s’est entretenu avec Gérard Lahellec, président d’Illevia, pour faire le point sur cette innovation et sur la vision de la Régie quant au déploiement de la solution gaz.

Breizh[Bio]GNV : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’activité de votre structure ?

Gérard Lahellec, président d’Illevia

Gérard Lahellec : Illevia, la Régie régionale des transports, est un établissement public de la Région Bretagne. Elle lui a confié l’exploitation de plusieurs lignes de transport de voyageurs par autocar du réseau BreizhGo au sud de l’Ille-et-Vilaine. Nos soixante conducteurs transportent ainsi chaque jour plus de 3 000 voyageurs à bord d’une flotte de cinquante autocars régionaux.

Grâce à cet opérateur interne, la Région renforce sa capacité à expérimenter et analyser le fonctionnement de son service de transport. Cela lui permet d’affiner sa gestion et d’enrichir le dialogue avec les transporteurs privés à qui elle a confié l’exploitation des lignes du réseau BreizhGo.

Breizh[Bio]GNV : Quelles ont été vos motivations pour passer au GNV ?

Gérard Lahellec : En transport interurbain de voyageurs, jusqu’à aujourd’hui le moteur diesel EURO VI reste considéré comme un véhicule propre au regard de la règlementation. Le renouvellement des flottes autocars peut encore s’appuyer sur cette énergie pour les années à venir.

Nous ne pouvons cependant, nous satisfaire de cette situation, car même si les émissions sont faibles, nous savons que la technologie d’aujourd’hui peut nous permettre de faire mieux. Par ailleurs, nous ne pouvons fermer les yeux sur le potentiel épuisement des ressources fossiles alors que nos déchets ménagers et agricoles constituent un gisement inexploité.

Parmi les technologies, nous mettons l’hydrogène de côté pour le moment car non abordable financièrement à notre échelle. L’électrique quant à lui n’apporte pas pour le moment l’autonomie suffisante pour travailler en interurbain. Sans compter que pour ces deux technologies, la vertu environnementale de leurs modes de production n’est pas assurée. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers le GNV qui se combine bien avec la vocation agricole de notre région.

Breizh[Bio]GNV : Quelles sont, pour vous, les avantages et les inconvénients de la solution GNV ?

Gérard Lahellec : En plus de l’autonomie, et de la maturation technologique et du relatif faible coût des matériels roulants et du produit comparé aux autres énergies propres, les avantages résident donc dans le potentiel de raisonner en filière virtuellement courte. Même si le produit des méthaniseurs locaux est injecté dans le réseau commun, nous savons que notre territoire est en capacité de produire une grande partie de l’énergie qu’il consomme et d’améliorer son indépendance énergétique.

Les inconvénients sont loin d’être insurmontables car ils se concentrent sur la difficulté d’avitaillement. Or, les investissements semblent au rendez-vous, des stations fleurissent un peu partout. Il faudra juste s’assurer que l’offre soit suffisamment dense sur l’ensemble de la Bretagne, y compris jusqu’à la pointe Finistère, et ne reste pas concentrée autour de la métropole rennaise et des axes routiers des Marches de Bretagne.

Breizh[Bio]GNV : Comment voyez-vous le développement du GNV dans votre activité ?

Gérard Lahellec : Au-delà de la Régie, plusieurs transporteurs locaux ou groupes nationaux opérant en Bretagne se sont déjà impliqués ou souhaitent s’impliquer dans le sujet. Le retour d’expérience de notre établissement public devra profiter à tous. En étroite concertation avec eux, il permettra de nourrir un cahier des charges ambitieux, mais réaliste pour les futurs appels d’offres de la Région. Il est évident que la Région se préoccupera de la transition énergétique dans ses contrats à venir, mais elle veillera à ce que ce ne soit pas déstabilisant pour les entreprises bretonnes ou que cela altère la qualité et l’efficacité économique du réseau BreizhGo.

Sur ce dernier point, nous espérons que la maturité de la technologie couplée à l’arrivée d’un second constructeur sur le marché de l’autocar en 2019 va apporter une nette amélioration.

Breizh[Bio]GNV : Quel est le retour de vos conducteurs ?

Gérard Lahellec : Le retour des conducteurs est très positif. Le véhicule est très agréable à conduire, mis à part peut-être un petit impact sur l’inertie du véhicule en raison des bouteilles positionnées sur le pavillon. Le temps de chargement en charge rapide n’est pas tellement plus long qu’un plein de gazole si le compresseur est au top de ses capacités. Celles-ci peuvent toutefois fluctuer en fonction de l’affluence à la station. Mais nous économisons la gestion de l’Adblue, additif nécessaire pour nos moteurs diesel.

Pour éviter des trajets à vides jusqu’à la station et améliorer notre autonomie, nous étudions la possibilité de réaliser une station en propre permettant de faire de la charge lente dans un cadre éventuellement mutualisé ou ouvert.

Breizh[Bio]GNV : Comment valorisez-vous la solution GNV en interne et auprès de vos clients ?

Gérard Lahellec : Pour le moment nous expérimentons un seul véhicule sur un plan technique.  Nous n’avons pas entrepris de démarche particulière de communication. Le véhicule n’offre aucune différence de confort pour le voyageur par rapport à un véhicule diesel de même gamme si ce n’est une réduction du bruit.

Nous souhaitons plutôt axer notre communication sur le bioGNV, mais il nous a fallu d’abord s’assurer d’obtenir des certificats d’origine. Sur ce point, il faudra veiller à développer notre capacité de production, car nous ressentons encore une certaine tension sur le marché des certificats d’origine pour le bio-GNV. Et si en plus nous réussissons à apposer le label « Produit en Bretagne » sur nos certificats, ce serait idéal !

A fin février 2019, l’AFGNV et GRTGaz ont comptabilisé 18 300 véhicules roulant au GNV en France.

D’après les deux partenaires, en France roulent aujourd’hui 7.270 utilitaires, 3.185 bus, 2.559 poids lourds, 2.203 véhicules légers ou encore 1.620 bennes à ordures ménagères (BOM).

Mais c’est sur le marché des poids lourds que la dynamique est la plus forte. Les ventes de poids lourds au gaz dédiés au transport de marchandise décollent, tirées par la construction de nouvelles stations publiques. La France est devenue le marché le plus dynamique d’Europe sur ce segment.

Côté bus GNV, c’est aujourd’hui plus de 10 % du parc qui roule au gaz. Un marché toujours en croissance avec l’arrivée des zones à faibles émissions et les nouvelles obligations de renouvellement des flottes publiques avec des véhicules à faibles émissions.