Dans le cadre de son plan de transition pour une mobilité plus durable, le groupe Veolia s’est notamment tourné vers la solution GNV en Bretagne. L’occasion de rencontrer Philippe Gicquiaud, gestionnaire Matériels Bretagne, Région Centre Ouest et d’échanger avec lui sur la stratégie du groupe en matière de transition énergétique.  

Breizh [Bio]GNV : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’activité de votre entreprise ?

Philippe Gicquiaud : Veolia RVD [Recyclage & Valorisation des Déchets, ndlr] assure la collecte, le recyclage et la valorisation des déchets sur l’ensemble du territoire avec quelques 800 collaborateurs sur la région bretonne. Nous disposons d’une flotte de 60 véhicules légers, 240 poids lourds et 60 engins de tri et de manutention.

BBGNV : Quelles ont été les motivations du groupe Veolia pour passer au GNV ?

P.G. : Veolia est un acteur majeur dans le domaine de l’environnement dont la mission est de faire du déchet une ressource. Notre engagement en faveur de l’environnement se vérifie également par nos choix en matière d’énergies alternatives, et notamment pour nos activités de collecte. Celui du GNV s’est opéré dès la sortie en 2017 des premiers appels à projets portés par la Région et l’Ademe visant le déploiement du GNV en Bretagne.  

BBGNV : Quelles sont, pour vous, les avantages et les inconvénients de la solution GNV ?

P.G. : Outre la réduction significative des rejets polluants, la solution GNV présente de nombreux autres avantages : confort de conduite, réduction du poste carburant, fiscalité avantageuse. Rouler au GNV, c’est aussi la possibilité de figer le prix du carburant jusqu’à 3 ans, et donc de maîtriser durablement ses coûts. Pour autant, selon les usages, cette source d’énergie peut parfois s’avérer inadaptée, notamment pour des raisons d’autonomie.

BBGNV : Qu’en est-il du déploiement de la solution GNV en Bretagne chez Veolia et comment voyez-vous son développement dans les prochaines années ?

P.G. : Nous disposons d’un parc camions très diversifié (BOM, polybennes, balayeuses, laveuses, tracteurs routiers, fourgons…). De fait, il est important de trouver le meilleur compromis coût / performance opérationnelle et de nous adapter aux différentes solutions de mobilité verte en fonction des usages.

A date, notre parc de poids lourds au GNC est constitué de 5 polybennes, 2 fourgons et 1 BOM. Nous avons pour ambition d’accélérer cette transition dans les toutes prochaines années mais ce déploiement est aussi conditionné par l’offre en stations d’avitaillement qui tarde à voir le jour sur certains secteurs.

BBGNV : Comment valorisez-vous la solution GNV en interne et auprès de vos clients ?

P.G. : Le choix du GNV s’inscrit pleinement dans les engagements environnementaux de Veolia. La démarche a fait l’objet d’une double page dans le journal interne envoyé à près de 2.800 collaborateurs. Plusieurs articles de presse ont également été publiés suite à l’achat de véhicule(s) roulant(s) au GNV/GNC et afin de faire connaître, auprès du plus grand nombre, notre soutien et nos actions en faveur de cette énergie. Nous valorisons également la solution GNV lors de nos réponses à appels d’offre auprès de nos clients industriels et collectivités via notre bureau d’étude.

BBGNV : Quel est le retour de vos conducteurs sur la solution ?

P.G. : Les retours sont globalement positifs. La conduite des véhicules GNV leur semble plus souple et l’atténuation du niveau sonore en cabine est très appréciée. L’évolution de la gamme des moteurs GNC par certains constructeurs de châssis a été très bien accueillie par nos conducteurs, notamment pour nos activités polybennes remorquants.

BBGNV : D’autres solutions alternatives au diesel sont-elles à l’étude chez Veolia ?

P.G. : Toujours dans le cadre de notre plan de transition pour une mobilité plus durable, un nouveau test de carburant B100 à base d’huile alimentaire, est prévu sur quelques véhicules de notre flotte morbihannaise d’ici à fin 2020, avec un déploiement sur 2021 si les résultats des tests sont positifs. Ce bio-carburant compatible avec la plupart de nos véhicules en exploitation affiche une performance énergétique intéressante avec une réduction des émissions CO2 de 90% par rapport au diesel.

Enfin, en lien avec le réseau Bretagne Supply Chain et les syndicats d’énergie de la région, nous suivons également de près l’actualité sur l’hydrogène qui pourrait demain être la solution bas carbone la plus adaptée pour nos véhicules PL.