Grenoble rejoint les villes voulant bannir le diesel

Une « Zone Basses Émissions Marchandises » visant les poids lourds et les utilitaires sera mise en place au printemps 2019 sur neuf communes de la métropole grenobloise. Seuls les véhicules « basses émissions » y seront autorisés à horizon 2025.

Une préfiguration de Zone de Circulation Restreinte (ZCR) est effective depuis le 1er janvier 2017 sur le centre-ville élargi de la commune de Grenoble. Elle interdit aujourd’hui la circulation, du lundi au vendredi et de 6h à 19h, des poids lourds antérieurs à 2001 et des véhicules utilitaires légers antérieurs à 1997. Dans la classification des Certificats de Qualité de l’Air (CQA), ce sont les véhicules «non classés», autrement dit non éligibles à l’obtention d’un certificat. Après ce premier test, le périmètre de la « ZCR marchandises » va être étendu, dès le printemps 2019, à neuf communes de la première couronne de Grenoble[1].

Sur ce périmètre, seuls les véhicules dits « basses émissions » seront autorisés à circuler à horizon 2025. L’interdiction de circulation ira crescendo : en 2019, seront interdits les poids-lourds et utilitaires aux vignettes 5. Selon une estimation réalisée par la Métropole avec les entreprises, ils représentent aujourd’hui entre 3 et 7% du parc roulant. En 2020, l’interdiction sera élargie aux vignettes 4 (entre 8 et 18% du parc), puis, en 2022, aux vignettes 3 (entre 19 et 27%). Enfin, en 2025, seuls les camions et utilitaires équipés de moteurs GNV et hybrides (pastille « 1 ») ou électriques et hydrogène (pastille verte) auront la possibilité de rouler.

Pour accompagner les professionnels, la Métropole a annoncé des aides financières pour l’achat ou la location longue durée d’un véhicule électrique, GNV ou hydrogène, neuf ou d’occasion, aux professionnels du territoire (commerçants et entreprises de moins de 250 salariés).

Des ZCR qui se généralisent

Sur le sujet, Métropoles et Etats mettent en place diverses mesures, à leur niveau, pour limiter la pollution atmosphérique et réduire les consommations d’énergies fossiles.

En France, une vingtaine de territoires lauréats de l’appel à projet « Villes respirables en 5 ans » se sont engagés à étudier la mise en place de Zone de Circulation Restreinte (ZCR), notamment Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Saint-Étienne, Montpellier, Toulouse, Lille… La démarche est même lancée à Paris depuis 2016 avec l’interdiction de circulation des véhicules les plus polluants, avant un durcissement des mesures annoncé pour atteindre l’objectif de disparition des moteurs diesel d’ici 2024 et de ceux à essence d’ici 2030.

Ailleurs en Europe, on recense ainsi déjà près de 220 « zones à basses émissions » mises en place par les collectivités, principalement en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Au Danemark, des zones à faibles émissions, où sont bannis les véhicules diesel les plus polluants, sont en place depuis 2006 à Copenhague et dans les trois principales villes du pays. En Belgique, Bruxelles a interdit depuis janvier la circulation des véhicules les plus polluants. Les prochaines interdictions devraient intervenir en Espagne, en Italie et en Grèce : Barcelone a prévu de restreindre l’accès des véhicules les plus polluants à son centre-ville dès 2019, tandis que Rome vise 2024, Madrid et Athènes, 2025, et Milan, 2030.

En octobre dernier, à l’occasion d’un Sommet du C40, douze maires de métropoles internationales (Paris, Auckland, Barcelone, le Cap, Copenhague, Londres, Los Angeles, Mexico, Milan, Paris, Quito, Seattle et Vancouver) ont annoncé leur décision d’engager leurs villes vers un objectif « zéro émission » à horizon 2030, en abandonnant progressivement d’ici là « l’utilisation des véhicules à combustion fossile ». A Paris et Amsterdam, la sortie du diesel est ainsi prévue respectivement pour 2024 et 2025.

Vers la fin du diesel?

Au niveau des Etats, plusieurs pays ont aussi annoncé leur volonté d’interdire le diesel ou amorcé une réflexion en la matière à l’instar de l’Autriche, de la Norvège, de la Suède, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. La région de Wallonie a, de son côté, programmé l’interdiction totale du diesel à l’horizon 2030, avec le bannissement progressif des véhicules les plus polluants à partir de 2023 – et même plus tôt si certaines communes le souhaitent.

La Norvège s’est fixé l’objectif d’une disparition des ventes de véhicules diesel d’ici à 2025. Les Pays-Bas visent, eux, l’interdiction des ventes de voitures à moteur thermique (essence et diesel) à l’horizon de 2030 alors que le Royaume-Uni table sur une disparition du diesel d’ici à 2040.

L’Allemagne autorisée à interdire les vieux véhicules

Fin février, c’est en Allemagne que le tribunal administratif fédéral de Leipzig a jugé que les grandes villes avaient le droit d’interdire la circulation des voitures diesel les plus anciennes, un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules dans le pays d’après Le Monde. La Cour administrative fédérale a ainsi confirmé deux décisions de justice contraignant les autorités régionales à interdire totalement les véhicules diesel les plus anciens à Stuttgart et Düsseldorf. L’arrêt de la Cour prévoit cependant des délais d’application. Ainsi, à Stuttgart, elles ne pourront pas entrer en vigueur avant septembre 2019 pour les voitures diesel de norme Euro 5.

 

[1] Échirolles, Eybens, Grenoble, La Tronche, Poisat, Pont-de-Claix, Saint-Égrève, Saint-Martin-d’Hères et Saint-Martin-le-Vinoux ainsi que le Domaine Universitaire