Il y a deux mois, la SEM Energies en Finistère officialisait le lancement des travaux de sa première station GNV du Finistère, à Saint-Martin-des-Champs. Depuis, les travaux de génie-civil, de voiries et réseaux divers sont finalisés. Désormais prête à accueillir les appareils de distribution de gaz, la station a continué de prendre forme ce mercredi 16 décembre. La société MPH, fournisseur de l’ensemble du matériel de la station, a pour l’occasion affrété un camion grue pour la livraison et l’installation du compresseur de gaz, des appareils de distribution et de l’ensemble des accessoires permettant le bon fonctionnement de la station.

OUVERTURE DE LA STATION EN FÉVRIER 2021
Prévue pour avitailler l’équivalent de 30 poids lourds par jour et jusqu’à 9 véhicules aux heures de pointe, la station sera opérationnelle mi-février 2021. Ouverte 7j/7 et 24Hh24, la station comprend 3 bornes de distribution permettant de faire le plein en quelques minutes. Les propriétaires de flotte peuvent signer un contrat d’avitaillement avec Bretagne mobilité GNV. Les cartes bancaires ou les cartes réseau sont également acceptées. La station distribuera du bioGNV labélisé « produit en Bretagne ».

Les sociétés intéressées pour convertir leur parc de véhicules au GNV peuvent prendre contact avec David Dorman ou Hélène Vente du SDEF.

Pour en savoir plus

A l’occasion du Conseil National de l’Air du 18 novembre, le ministère de la Transition écologique a annoncé un renforcement des zones à faibles émissions (ZFE). Objectif : réduire significativement les émissions de polluants issues du trafic routier dans les principales métropoles du pays.

Les zones à faibles émissions mobilité sont des territoires dans lesquels est instaurée une interdiction d’accès, le cas échéant sur des plages horaires déterminées, pour certaines catégories de véhicules qui ne répondent pas à certaines normes d’émissions.

La loi d’orientation des mobilités a rendu obligatoire la création de ZFE dans les territoires en dépassement des valeurs limites de qualité de l’air, permettant ainsi aux collectivités de limiter la circulation des véhicules les plus émetteurs sur leur territoire.

Dans ce cadre, 7 nouvelles métropoles françaises créeront une zone à faibles émissions mobilité en 2021 en plus des 4 déjà existantes (la Métropole de Lyon, Grenoble-Alpes-Métropole, la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris) : la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, la Métropole Nice-Côte d’Azur, la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée, Toulouse Métropole, Montpellier-Méditerranée Métropole, l’Eurométropole de Strasbourg et la Métropole Rouen-Normandie.

Pour ces 11 premières zones à faibles émissions, l’Etat encadrera les restrictions de circulation des véhicules Crit’Air 5, 4 et 3 qui s’appliqueront à partir de 2023 dans celles « qui ne sont pas sur une trajectoire leur permettant de respecter les valeurs limites de qualité de l’air ». Les collectivités territoriales resteront libres de fixer des règles plus strictes en fonction de leurs spécificités locales.

Des ZFE dans 35 agglomérations d’ici 2025

En complément, l’Etat entend étendre le dispositif des zones à faibles émissions dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici 2025, soit 35 nouveaux territoires concernés en France, même s’ils respectent les valeurs réglementaires.

Pour faciliter la création de ces zones à faibles émissions et au regard des nombreuses communes impliquées, cette compétence sera désormais confiée au président d’intercommunalité pour simplifier le processus administratif et garantir des mesures de circulation homogènes à l’échelle de chaque zone à faibles émissions.

Enfin, pour ce qui est des sanctions, l’Etat assure qu’elles seront faites par un système de contrôle automatisé qui sera opérationnel « avant la fin du quinquennat ».

Preuve que le GNV est un carburant à part entière, le GNV a désormais son indice CNR publié par le Comité National Routier .  Cet indice permet aux transporteurs de réviser leur tarification en fonction des variations du coût du carburant. Un signal positif supplémentaire, le GNV est un produit d’exploitation !

« L’indice CNR du coût du carburant GNV décrit les évolutions mensuelles du prix moyen du Gaz Naturel Véhicules acheté par les entreprises françaises de transport routier de marchandises (TRM) dans le cadre de contrats d’approvisionnement. Les prix hors TVA relevés incluent la TICGN supportée par les transporteurs. L’indice regroupe trois produits, le GNL, le GNC et le bioGNC. »

Un appel à contribution

Composé pour l’instant d’une cinquantaine de transporteurs possédant des flottes de poids lourds GNV de toutes tailles, l’échantillon a vocation à être augmenté précise le CNR. Cet élargissement est d’autant plus nécessaire que la dispersion observée sur les prix du carburant GNV est importante. Avis aux amateurs ! 

D’autre part, l’augmentation de l’échantillon permettra au CNR de mesurer séparément l’évolution des prix des trois types de GNV (GNL, GNC, bioGNC).

Sources :

La SEM Energies en Finistère a obtenu sa labellisation « Produit en Bretagne » pour le bioGNV qui sera distribué dans ses 7 stations du Finistère.

Au travers de cette labellisation, l’association Produit en Bretagne valide que la distribution de ce carburant répond aux valeurs de savoir-faire, de qualité et de respect de l’environnement prônées par le réseau. Pour les nouveaux partenaires, la distribution de biogaz breton dans les stations finistériennes, portées par la SEM Energies en Finistère, « participe au développement économique et culturel » de la Bretagne à travers un produit 100% breton, le BioGNV. 

Economie circulaire et indépendance énergétique

Produit à partir de la méthanisation de déchets organiques, le bioGNV servi dans les 7 stations du Finistère (Guipavas, Saint Martin des Champs, Landivisiau, Châteaulin, Saint-Evarzec, Quimperlé, Carhaix) proviendra uniquement de Bretagne. En valorisant les déchets bretons grâce à la méthanisation, le biogaz permettra de favoriser l’économie locale, avec, en moyenne la création de 3 à 4 emplois locaux non délocalisables sur les exploitations agricoles. Cette production locale permettra également d’être indépendant énergétiquement, en produisant de façon prévisible et continue.

Pour la SEM, « les acteurs du transport Finistériens montrent un vif intérêt pour le développement du GNV sur la région ». Les avantages affichés pour convaincre les transporteurs sont nombreux : accès aux centres-villes assuré au travers de la vignette Crit’Air 1, maîtrise des coûts avec un carburant moins cher, valorisation d’une stratégie affichée en matière de développement durable…

Après Fontenay le Comte (85), Fretin (59) et Niederhergheim (68) cet été, Primagaz a officialisé l’ouverture d’une nouvelle station GNV à Vern-sur-Seiche (35). Elle vient compléter le maillage national de l’énergéticien.

Accessible à tout public et acceptant 10 cartes de paiement en plus des cartes bancaires, la nouvelle station GNL / GNC permet un avitaillement 24h/24 des transporteurs routiers. Pour accompagner le lancement de cette nouvelle station, Primagaz s’engage notamment à former les chauffeurs sur site et à réviser ses tarifs mensuellement en fonction du prix du Brent.

« Avec l’ouverture régulière de nouvelles stations GNV, nous poursuivons activement le chemin tracé par la trajectoire d’entreprise Primagaz Next dont l’objectif est de contribuer à la réduction de l’impact environnemental des énergies et d’atteindre 100% d’énergies renouvelables d’ici 2040. Dans cette logique, le GNV est une étape clé vers une France décarbonée, étape qui nous permettra de passer progressivement au BioGNV à horizon 2025 », expliquait Matthieu Lassalle, Président Directeur Général de Primagaz cet été à l’occasion de l’ouverture des trois stations précédentes.

Primagaz et son partenaire Avia ont ainsi l’ambition de créer 20 sites au total d’ici la fin 2021.

A noter : les Groupe Aubrée Garages ouvrira très prochainement une station de lavage poids lourds sur le même site.

La Région des Pays de la Loire fournit une aide financière pour la construction de stations GNV et l’achat de véhicules.

Dans sa feuille de route pour la Transition Énergétique adoptée en décembre 2016, la Région des Pays de la Loire s’est fixé l’objectif de devenir « leader en matière de mobilité durable ». Cela passe notamment par le développement des motorisations alternatives (électrique, GNV et hydrogène). Dans ce cadre, elle travaille sur le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et d’avitaillement en bioGNV, avant d’adopter son Plan Hydrogène qui comportera un volet dédié à la mobilité.

86 stations à horizon 2030

Pour favoriser l’essor des véhicules GNV, la Région a mené une étude en 2016 sur le potentiel de déploiement d’un réseau de stations publiques d’avitaillement au gaz naturel véhicule. Résultat : un objectif de 19 stations à l’horizon 2020 et de 86 stations d’ici 2030.

Aujourd’hui, la région compte 10 stations en service et une quinzaine en projet.

Développer en parallèle le réseau de stations et le nombre de véhicules

D’après la Région, « il est nécessaire de consolider financièrement ces projets, dont les investissements sont lourds, en leur assurant un nombre suffisant de véhicules lourds pour s’y avitailler ». La Région, en partenariat avec GRDF, GRTgaz et le cluster Méthatlantique, a donc souhaité soutenir à la fois le développement des stations bioGNV et le parc de véhicules associés.

Elle a ainsi voté un règlement visant, d’une part, à financer les projets de stations publiques délivrant du bioGNV sous forme comprimée (bioGNC) et, d’autre part, l’acquisition ou la location de véhicules engagés à consommer du bioGNV.

Une aide pour les stations…

La Région des Pays de la Loire va donc fournir une aide publique aux projets de stations GNV, sous la forme d’une subvention d’un montant maximal de 200 000 €. Sont éligibles, les projets de stations implantées en Pays de la Loire, alimentées en bioGNC (d’origine locale en priorité) et ouvertes au public. Les projets pourront être portés notamment par une entreprise, une collectivité, un syndicat de communes, syndicat mixte, une société d’économie mixte ou un groupement d’intérêt économique.

… et pour les véhicules

Afin de consolider les projets de stations émergents sur le territoire, la région des Pays de la Loire va, en parallèle, soutenir les transporteurs ligériens et les collectivités dans l’acquisition ou la location longue durée de véhicules fonctionnant au BioGNV. Les entreprises ayant une implantation en Pays de la Loire et les collectivités territoriales et leurs groupements de la Région des Pays de la Loire souhaitant acquérir ou louer des véhicules fonctionnant au GNV pour le transport de marchandises ou le transport de voyageurs peuvent dès à présent profiter d’une aide financière. Sont éligibles les véhicules GNV neufs, en acquisition ou en leasing (sur 3 ans minimum) pour lesquels le détenteur ou le bénéficiaire du contrat de leasing s’engage à s’approvisionner en bioGNV.

Le montant de la subvention ne pourra excéder 30% du surcoût de l’acquisition d’un véhicule GNV par rapport à un véhicule diesel de même catégorie. Ce montant sera plafonné en fonction du type de véhicule : 2.000€ pour un véhicule utilitaire ou poids lourd léger (PTAC ≤ 7,5T), 5.000€ pour un poids lourd entre 7,5t et 16t de PTAC et 10.000€ pour un poids lourds de plus de 16t de PTAC.

Chaque bénéficiaire ne pourra solliciter que deux fois l’aide régionale sur 3 ans, avec un maximum de 5 véhicules par demande.

La FNTV (Fédération Nationale des Transports de Voyageurs) vient de publier un guide technique pour accompagner les entreprises de transport par autocar dans la transition énergétique au GNV.

Pour la FNTV, le transport routier de voyageurs est en proie à des mutations « fortes et rapides ». Parmi ces mutations, la transition énergétique est porteuse d’enjeux particulièrement structurants pour les entreprises. Pour Jean-Sébastien Barrault, Président de la FNTV, « sous l’effet des prescriptions réglementaires et contractuelles, les professionnels du TRV engagent la transition énergétique de leurs parcs de véhicules ». Le GNV figure comme une solution parmi d’autres dans le cadre du mix énergétique. « Les nombreuses expérimentations qui ont pu être conduites en France ont démontré la maturité technique et les performances énergétiques et écologiques de la solution Gaz Naturel pour Véhicule (GNV), et notamment du BioGNV », souligne Jean-Sébastien Barrault.

Dans ce contexte, la FNTV s’est emparée du sujet depuis plusieurs années en menant une action sur deux fronts :

  • A l’échelon national, la FNTV s’est tout d’abord employée à recenser et évaluer, dans un guide coproduit avec l’ADEME et Régions de France, les filières énergétiques alternatives existantes. Ce travail de fond a été complété d’un travail de décryptage des textes légaux et réglementaires qui régissent la transition énergétique du TRV
  • Dans les régions, la FNTV a multiplié les expérimentations des productions industrielles alternatives. Ces expérimentations ont permis une évaluation précise des performances des motorisations innovantes et une confrontation des données recueillies aux contraintes d’exploitation propres au transport non urbain. Ces nombreuses expérimentations ont également permis de sensibiliser les Autorités Organisatrices de la Mobilité sur la nécessaire prise en compte dans les procédures de consultations et dans les contrats de transports des enjeux attachés à la transition énergétique.

La FNTV a donc entamé la rédaction d’un guide complet où s’articulent les thématiques en lien avec le contexte incluant des témoignages d’élus (ZFE, Régions, engagement des AO) et les questionnements plus pratiques (les atouts multiples du GNV, comment convertir sa flotte ?).

Pour Jean-Paul Lieutaud, Président de la FNTV-PACA, « le déploiement de la solution GNV dans le transport routier de voyageurs se heurte […] à plusieurs freins liés notamment à l’insuffisance des infrastructures d’avitaillement public et aux interrogations des transporteurs sur les terrains du financement, des contraintes d’exploitation et de la maintenance. Dans ce contexte, il est apparu indispensable à la FNTV de réaliser un guide GNV pour aider les transporteurs à se lancer dans l’aventure du GNV. »

Le guide a vocation à exposer les avantages de la solution GNV / bioGNV mais également d’accompagner les entreprises du transport de voyageurs dans leur transition énergétique. Il est constitué de notes techniques, de retours d’expériences de transporteurs et de prises d’initiatives des réseaux qui permettront aux entreprises intéressées par la démarche de trouver des réponses adaptées à leur exploitation.

A vos agendas, le salon annuel, Bio360 Expo, dédié à la filière Biogaz se tiendra du 22 au 26 mars en ligne.

Combinant les mondes convergeants du biogaz, de la biomasse, du waste-to-x, de la capture et de l’utilisation du carbone, de la séquestration du carbone, de la bioéconomie… Bio360 Expo est un salon international qui offre une vision panoramique de tout ce qui est bio-sourcé.

BEES a réuni ses trois salons historiques Biogaz Europe (2010-2020), Bois Energie (1998-2020) et ReGen Europe (2019-2020) sous la bannière Bio360 Expo. Bio360 Expoattire 7000 professionnels et 450 exposants provenant de 35 pays et 5 continents.

Pour en savoir plus : Cliquez ICI

Pour suivre les actualités du salon :

Récemment reconverti en « société à mission », le groupe Rocher a rejoint le dispositif Fret21 en avril 2020. Engagé dans un programme de réduction des émissions de CO2 de ses activités transport, Sébastien Bellone, Directeur Transport & Services Logistiques Groupe chez Yves Rocher, est intervenu lors d’un atelier organisé par Bretagne Supply Chain début octobre. L’occasion d’échanger avec lui sur le dispositif national et sur les actions déployées par le groupe. Rencontre…

Bretagne Supply Chain : Qu’est-ce qui a motivé l’engagement d’Yves Rocher dans le dispositif Fret21 ?

Sébastien Bellone : Depuis 60 ans, Yves Rocher a été un des précurseurs de la vague bio et végétale. Dans l’entreprise, la production, les emballages ou encore les questions énergétiques ont été largement optimisés. Pourtant, le transport, qui ne rentre pas directement dans notre cœur de métier, avait été oublié. A titre d’exemple, la distribution de nos 680 magasins en France était réalisée par à peine 6% de transport « vert » [ndlr : non diesel]. C’était un chiffre très bas et qui n’était pas accompagné d’une politique volontariste.

BSC : Pourquoi vous être lancé dans Fret21 ?

S. B. : En arrivant chez Yves Rocher, j’ai lancé quelques actions pour réduire les émissions de CO2 liées au transport. Je me suis vite rendu compte que je n’avais pas d’outils et que la démarche n’était pas vraiment structurée. Deux intérêts ont vite émergé du programme Fret21 : disposer d’un outil de mesure, et que cette mesure soit externe et incontestable. Fret21 intègre un outil permettant de calculer les émissions de CO2 de ses activités transport et les économies possibles par le déploiement d’actions d’optimisation. Je m’en suis notamment servi entre les deux tours de l’appel d’offre Transport pour la distribution France, que nous avons lancé cette année, pour évaluer l’impact CO2 des solutions proposées par les transporteurs. Nous avons ainsi pu étudier les réponses au travers des prismes « économique » et « service » mais aussi environnemental grâce à Fret21.

BSC : Quels sont les autres apports de Fret21 ?

S. B. : Les salariés du groupe Yves Rocher sont vigilants sur les actions environnementales de l’entreprise. Notre engagement dans Fret21 est un moyen de montrer que l’on travaille aussi sur le transport. En externe, j’essaie surtout d’inciter d’autres industriels à s’engager dans le dispositif. Ce sont eux qui peuvent avoir un impact sur la transition énergétique du transport, et à travers eux, leur communauté de transporteurs.

BSC : Quelles actions ont été déployées et intégrées dans Fret21 ?

S. B. : Le premier axe intégré à Fret21 concerne l’optimisation des chargements. Optimiser les véhicules : c’est le métier de base du responsable transport. Un des projets intégrés à Fret21 concerne les flux vers l’Allemagne. Yves Rocher y a une centaine de magasins, avec chacun leur jour et leur plage horaire de livraison, ce qui nous amenait à y envoyer un camion par jour. Le taux de remplissage variait en fonction des tournées. Il m’arrivait d’avoir des camions optimisés à 70 voire 65%, ce qui était un gâchis à la fois économique et environnemental. Nous avons travaillé avec le réseau pour revoir les tournées de distribution et nous sommes passés sur des véhicules double planchers. Avec cette optimisation, nous sommes passés à trois camions par semaine. Résultat : nous avons fait très facilement du « vert » et des économies. Les projets environnementaux doivent être accompagnés d’une démarche d’optimisation qui engendre des économies dans l’idéal ou qui, a minima, n’impacte pas l’entreprise.

BSC : Yves Rocher s’est aussi engagé dans la transition énergétique de ses transports…

S. B. : Dans mon plan à trois ans, j’avais trois objectifs : « nettoyer mon village, nettoyer ma région et nettoyer la France ».

Sur le « village » de la Gacilly, nous avons des usines et des plateformes entre lesquels transitait un ballet incessant de dix véhicules diesel. J’ai supprimé l’ensemble de la flotte et fait l’acquisition de deux tracteurs électriques. C’est un investissement lourd mais, là encore, nous avons monté un projet d’optimisation pour que cet investissement soit rentable. Premièrement, il n’est pas nécessaire d’avoir de permis pour conduire un tracteur électrique. J’ai donc formé une dizaine de personnes de l’entreprise à la conduite. Le tracteur électrique a un autre avantage : c’est qu’il ne fait pas de bruit. Au fur et à mesure des années, des habitations se sont construites à proximité de nos usines. On ne pouvait donc plus travailler avant 7h du matin, ce qui nécessitait de louer des remorques qui faisaient office de sous-entrepôt jusqu’à ce qu’on puisse libérer les productions de la nuit. Elles ont, elles aussi, disparu et le coût de la location a été libéré. C’est en regardant le problème dans sa globalité qu’on arrive à optimiser un dossier « vert ».

Le deuxième projet était de « nettoyer ma région ». Pour cela, j’ai décidé d’abandonner le diesel et de passer au biogaz. En local, nous avons des usines et des entrepôts à la Gacilly mais aussi à Ploermel, Rieux et Redon. Les véhicules qui font les transferts inter-sites étaient jusque-là au diesel. Le bioGNC est une solution parfaite pour ces trafics régionaux puisque les véhicules ont une autonomie d’environ 450 kilomètres. Mais il y a aujourd’hui un problème de stations : il n’y en a pas assez notamment en Bretagne. J’ai donc décidé d’investir dans une station gaz.

Dans ce projet, je collabore étroitement avec nos transporteurs locaux. Ces PME, qui travaillent depuis des décennies pour Yves Rocher, n’ont pas forcément les moyens d’investir dans des véhicules propres. Nous devons donc accompagner le changement en les rassurant avec des contrats de 3 ans, en les rémunérant décemment et en les accompagnant pour qu’ils sautent le pas avec nous. C’est important pour un industriel de définir la direction et d’embarquer avec lui sa communauté transport.

BSC : Et pour « nettoyer la France » ?

S. B. : Le biocarburant Oleo 100 est un bon compromis puisqu’il permet d’utiliser les véhicules diesel avec une légère modification et il entraîne une réduction de 60% des émissions de CO2 par rapport au diesel. Enfin, pour les très longues distances, le GNL vient compléter le tableau.

BSC : Vous avez aussi redirigé certains de vos flux export vers Montoir ?

S. B. : Par rapport à notre positionnement géographique, Le Havre est à 400 kilomètres alors que Montoir n’est qu’à 100 kilomètres. Avec cette bascule, nous réalisons 300 euros d’économie par conteneurs puisque la distance routière est moins importante. La solution met 5 à 6 jours de plus mais il suffit ensuite d’adapter sa supply chain.

BSC : Quelles autres actions ont été déployées ?

S. B. : Le troisième volet sur lequel nous avons travaillé, c’est l’ « achat responsable » au travers de l’appel d’offre Transport lancé au printemps pour la distribution France. Nous allons progressivement passer de 6% de distribution « verte » en France à 56% à horizon 2 ans, avec une montée en charge importante dès février 2021.

BSC : Votre engagement dans Fret21 a-t-il modifié votre façon d’acheter du transport ?

S. B. : Clairement. Dans le cadre de l’appel d’offre du printemps, nous avions trois briques au même niveau : le prix, le service et l’environnement. Les retours des transporteurs sur le critère économique et en termes de service étaient très bons. Par contre, ils étaient passés à côté de l’aspect environnemental. Nous avons dû rallonger la période du deuxième tour de l’appel d’offre pour qu’ils revoient leurs copies. Entre les deux tours, ça n’a pas été que sympathique puisqu’il a fallu taper du poing sur la table pour se faire entendre. Mais le mouvement est parti. Certains transporteurs ont compris depuis longtemps cette évolution et les autres perçoivent qu’ils vont devoir bouger s’ils veulent rester dans le coup. C’est à ce moment-là que l’industriel doit avoir un rôle moteur vis-à-vis de ses transporteurs.

BSC : Au final, quel objectif s’est fixé Yves Rocher en matière de réduction de ses émissions de CO2 ?

S. B. : Le groupe vise une réduction à trois ans de 6% des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de ses marchandises. Notre engagement dans Fret21 n’est pour le moment pas très ambitieux pour deux raisons. Premièrement, j’aime bien réussir ! Ensuite, j’ai signé l’engagement au démarrage de nos réflexions. Nous avons évidemment des objectifs beaucoup plus ambitieux. A la fin de l’année, je pense que nous allons nous fixer d’autres objectifs. La démarche est enclenchée avec les transporteurs, et je suis sûr que nous allons largement dépasser nos objectifs.

Après de nombreuses concertations locales et d’études de faisabilité et de conception (géotechnique, marché, raccordement), la SEM Energies en Finistère lance les travaux de sa première station GNV. Les opérations commenceront le 23 septembre 2020 et la station devrait être opérationnelle pour janvier 2021.

Ouverte 7j/7 et 24Hh24
La station, située au rond point du puits à Saint Martin-des-Champs, ce croisement entre la RN12 et la RD19, est prévue pour avitailler l’équivalent de 30 poids lourds par jour, et jusqu’à 9 véhicules aux heures de pointe. Ouverte 7j/7 et 24Hh24, la station comprend 3 bornes de distribution permettant de faire le plein en quelques minutes.
Les propriétaires de flotte peuvent signer un contrat d’avitaillement avec Bretagne mobilité GNV mais les cartes bancaires ou les cartes réseau sont également acceptées.

Pour toute demande commerciale,
contactez Hélène VENTE, responsable de la commercialisation GNV à Energies en Finistère.
02.98.10.36.36 / helene.vente@sdef.fr

Pour accéder au communiqué de presse ICI

Le décret d’application de l’article 86 de la loi d’orientation des mobilités (LOM) a été publié au Journal officiel ce 17 septembre. Cet article rend également obligatoire l’instauration d’une zone à faibles émissions mobilité à compter de 2020 pour les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre ne respectant pas de manière régulière les normes de qualité de l’air mentionnées à l’article L. 221-1 du code de l’environnement.

La France disposera d’une dizaine de Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFE-m) dès 2021.

Quatre collectivités ont d’ores et déjà mis en place des ZFE-m en France :

  • la Métropole de Lyon ;
  • Grenoble-Alpes-Métropole ;
  • la Ville de Paris ;
  • la Métropole du Grand Paris.

En application du décret publié, 7 nouvelles ZFE-m devront obligatoirement être mises en place par des métropoles françaises :

  • Métropole d’Aix-Marseille-Provence ;
  • Métropole Nice-Côte d’Azur ;
  • Métropole Toulon-Provence-Méditerranée ;
  • Toulouse Métropole ;
  • Montpellier-Méditerranée Métropole ;
  • Eurométropole de Strasbourg ;
  • Métropole Rouen-Normandie.

Le Ministère rappelle que les territoires peuvent également s’engager volontairement dans la démarche ZFE-m. Pour rappel, les véhicules GNV bénéficient de la vignette Crit’Air 1.


Les zones à faibles émissions mobilité sont des territoires dans lesquels sont instaurés une interdiction d’accès, le cas échéant sur des plages horaires déterminées, pour certaines catégories de véhicules qui ne répondent pas à certaines normes d’émissions et donc qui ont un impact nocif sur la santé des résidents de l’ensemble du territoire. C’est un dispositif qui a déjà fait ses preuves. Il existe en Europe plus de 200 ZFE-m appelées aussi « low emission zones ». En France, les zones à faibles émissions mobilité reposent sur le système des vignettes Crit’Air.


Pour aller plus loin

par Anne Lenormand / Localtis Pris en application de la loi d’orientation des mobilités (LOM), le décret relatif au « non-respect de manière régulière des normes de la qualité de l’air donnant lieu à une obligation d’instauration d’une zone à faibles émissions mobilité » (ZFE-m) a été publié au Journal officiel ce 17 septembre. Source : Localtis – Zones à faibles émissions mobilité : le décret est paru

[JOURNÉE NATIONALE DE LA QUALITÉ DE L’AIR] FOCUS SUR LES ZONES À FAIBLES ÉMISSIONS ET ZONES À TRAFIC LIMITÉ En France et en Europe, la pollution de l’air aux seules particules fines est à̀ l’origine respectivement de 48 000 et 428 000 décès annuels. En milieu urbain, le trafic routier est majoritairement à l’origine de la pollution de l’air en participant à la pollution aux particules fines (PM10 et PM2,5) et aux oxydes d’azote. 

Source : ADEME – [Journée nationale de la qualité de l’air] Focus sur les zones à faibles émissions et zones à trafic limité

10 zones à faibles émissions en 2021 pour lutter contre la pollution de l’air

Source : 10 zones à faibles émissions en 2021 pour lutter contre la pollution de l’air | Ministère de la Transition écologique

Les sociétés Bretagne Mobilité 22 et 35, portées par les syndicats départementaux d’énergie des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine, ont publié un appel d’offre conjoint pour la fourniture, la pose, la mise en service, l’exploitation et la maintenance de huit stations GNV / bioGNV sur leur territoire.

Depuis plusieurs années, les Syndicats Départementaux d’Energie (SDE) bretons se mobilisent pour favoriser le déploiement du GNV et du bioGNV. Pour accompagner ce développement, les SDE ont, à la fois, créé une société commune à l’échelle de la Bretagne (la SAS Bretagne Mobilité GNV) et, chacun, leur Société d’Economie Mixte (SEM), chargée d’apporter un support financier et d’ingénierie sur les projets d’énergies renouvelables des territoires.

D’ici 2021 – 2022, un réseau d’une vingtaine de stations GNV / bioGNV devrait ainsi être construit par les SEM de chaque SDE breton ou par la SAS Bretagne Mobilité GNV.

Les stations GNV portées par les SEM bretonnes

Un appel d’offre conjoint pour les Côtes d’Armor et l’Ille-et-Vilaine

Dans ce cadre, les structures « Bretagne Mobilité GNV » brétilienne et costarmoricaine ont constitué un groupement de commandes pour accompagner le déploiement des stations GNV / bioGNV sur les deux départements. Objectifs : limiter les démarches administratives, réaliser des économies d’échelle et assurer l’interopérabilité des stations.

En Cotes d’Armor et en Ille-et-Vilaine, les syndicats d’énergie ambitionnent en effet de créer un réseau structurant de 8 stations GNV ouvertes au public, à Dinan (Quévert) (22), Saint-Brieuc (Trégueux) (22), Plouagat (22), Lamballe (22), Liffré (35), Tinténiac (35), Bédée (35) et Miniac-Morvan (35).

Une consultation a été lancée le mois dernier pour la fourniture, la pose, la mise en service, l’exploitation technique et la maintenance des équipements des stations GNV sur les départements des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine. L’exploitation commerciale des stations n’est pas concernée par l’appel d’offre.

Les structures répondantes pré-sélectionnées dans le cadre du marché auront jusqu’à 2 octobre pour soumettre leur offre définitive. Une fois sélectionnées, elles seront consultées lors du lancement des démarches de chaque station.

Energy formation, filiale Formation de GRDF, lance une formation de deux jours destinée aux maîtres d’ouvrage publics et aux acteurs privés autour des fondamentaux d’un projet de station GNV.

Cette nouvelle offre de formation a été conçue pour répondre aux attentes des maîtres d’ouvrages publics (collectivités locales, Autorités Organisatrices de la Mobilité Durable (AOMD), syndicats d’énergie…) et des acteurs privés (transporteurs routiers, gestionnaires de flottes, avitailleurs, délégataires de marchés publics…) souhaitant développer une station GNV

Elle doit leur permettre d’identifier et de saisir les opportunités d’installations d’une station d’avitaillement GNV dans leur périmètre d’activités (aménagement, flotte de véhicules…) et d’appréhender l’ensemble des étapes d’un tel projet, de la conception à l’exploitation, en tenant compte des contraintes administratives et environnementales.

Durant deux jours, la formation abordera notamment le contexte du développement du GNV en France, les paramètres technico-économiques de la solution, les différentes étapes du projet (conception, construction, exploitation), les éléments constitutifs d’une station d’avitaillement GNV, les acteurs de la filière et les contraintes (administratives, environnementales et techniques) de la solution gaz. Un temps sera aussi dédié à une étude de cas autour de la rédaction d’un cahier des charges pour la construction d’une station.

A l’issue de la formation, les stagiaires seront ainsi capables d’expliquer les principaux atouts économiques et les contraintes techniques du GNV, de différencier les principales étapes de conception, de construction et d’exploitation d’une station GNV, de distinguer les principaux acteurs et le contexte règlementaire de l’écosystème GNV mais aussi d’identifier les points clés d’un cahier des charges permettant de qualifier le besoin technique et de valider l’intérêt économique.

Une première session est programmée les 4 et 5 novembre prochains à Saint-Étienne-de-Montluc (44).

Portée par la société Bretagne Mobilité GNV, la station de Saint-Gérand ouvre au public le 3 septembre.

La station GNV / bioGNV morbihannaise constitue le second équipement du réseau de 20 stations à l’échelle de la Bretagne porté par la société Bretagne Mobilité GNV (BMGNV). Celle-ci regroupe les quatre Sociétés d’Economie Mixtes (SEM) « Energies de Bretagne », issues des syndicats départementaux d’énergies bretons.

La station de Saint-Gérand a été réalisée en partenariat avec le groupe Intermarché, Pontivy Communauté et la commune de Saint-Gérand. Implantée sur la zone d’activités économiques de Kergouet, en bordure de la RD 768 (axe Pontivy / Saint-Brieuc), elle est située à moins d’un kilomètre de la base logistique Intermarché de Neulliac. Cet emplacement doit permettre aux transporteurs et aux logisticiens riverains de pouvoir s’avitailler à la station, mais également aux véhicules circulant sur la départementale 768 de faire le plein.

Une station accessible 24h/24

La station, ouverte 24h/24 et 7 jours/7, est accessible à tous publics et à tous types de véhicules (poids lourds, utilitaires, autocars, véhicules légers). L’accès à la station est possible sous forme d’abonnement, mais également par paiement en carte bancaire. Le gaz sera fourni par la société REDEO, implantée à Pontivy.

La station dispose de 3 pistes de distribution simultanée VL/PL. Elle a été conçue pour remplir l’équivalent de 9 poids lourds par heure.

Le réseau de stations s’étoffe en Bretagne

Le réseau de stations GNV / bioGNV du réseau Bretagne Mobilité GNV va continuer à s’étoffer dans les prochains mois. Après celles de Vannes en février 2018 et de Saint-Gérand ce mois-ci, les travaux de plusieurs autres stations du réseau vont débuter en septembre à Caudan (56), Saint-Evarzec (29), Saint-Martin-des-Champs (29), Guipavas (29) et Landivisiau (29), renforçant ainsi le maillage régional de distribution de GNV et de bioGNV.

Les deux groupes se sont associés pour offrir un an de carburant gratuit pour les 100 prochains camions IVECO au GNV vendus en France.

Les clients des cent premiers IVECO S-WAY Natural Power commandés à partir du 23 juillet 2020, et ayant signé un contrat de fourniture avec ENGIE Solutions, se verront remettre une carte incluant un an de carburant gratuit, valable dans toutes les stations GNC et GNL publiques du réseau ENGIE Solutions.

Pour l’achat d’un porteur IVECO S-WAY de 19 à 32 tonnes de PTC, les transporteurs pourront bénéficier d’une carte de carburant offrant 18 000 kg de GNC ou GNL. De quoi parcourir une distance de 60 000 km en cycle mixte urbain/extra-urbain d’après les partenaires. Pour l’achat d’un tracteur de 44 à 50 tonnes de PTRA, l’offre pourra atteindre l’équivalent de 25 600 kg de GNC ou GNL.

Les clients ayant fait le choix du bio-GNV pourront également bénéficier de cette offre en ne payant que le surcoût sur les volumes offerts.

Pour les partenaires Engie Solutions et Iveco, « cette offre exclusive est une occasion unique et inédite de combiner rentabilité économique et transition énergétique, mais aussi d’opérer dès aujourd’hui des changements forts en faveur de la mobilité décarbonée de demain ».